Poutine de moins en moins populaire

Avocat porté sur le devant de la scène du pouvoir par Boris Eltsine en 1999, destiné à durer au Kremlin jusqu’à ses 72 printemps en 2024 grâce à une révision constitutionnelle, Vladimir Poutine a mal à sa popularité. Si la Douma (chambre basse du Parlement russe) reste absolument aux mains de son parti, Russie Unie, qui a récolté 50,1% des suffrages aux législatives de ce dimanche, les conservateurs reculent de 14,2 points par rapport à 2007, perdent la majorité des deux tiers (238 sièges sur 450)… et voient au contraire les communistes doubler la mise sur la même période ! À 19,49%, le Parti communiste de la Fédération russe (KPRF) s’impose ainsi comme le seul véritable parti d’opposition structuré nationalement, notamment grâce à sa présence dans les entreprises. Les socio-démocrates de Russie Juste atteignent 12,85%, les ultranationalistes du LDPR 11,95%, tandis que le Labloko (libéraux), Patriotes de Russie (socialistes nationalistes) et Juste Cause (droite) se partagent les miettes sans obtenir aucun siège.

S’il manque au KPRF une personnalité d’envergure pour susciter véritablement l’adhésion, son score, comme celui de l’abstention (49,6% contre 37% en 2007), témoignent d’une rupture entre le peuple et son Tsar poutinois. Laquelle est grossièrement étouffée par « des ingérences illégitimes de l’État à tous les niveaux de la vie politique, le manque de conditions nécessaires pour une compétition juste et l’absence d’indépendance des médias », selon Petros Efthimiou, observateur de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Des stylos magiques dans les isoloirs dont l’encre disparaît aux présidents de commission qui remplissent eux-mêmes des bulletins de vote, en passant par les cyberattaques contre ONG et médias indépendants, Moscou semble avoir été totalitairement imaginatif. À la tête du KPRF, Guennadi Ziouganov a indiqué préparer « une plainte à la Cour suprême de Russie ».

Facebook comments: